Au départ, elles étaient 7, les équipes vandopériennes parties à la conquête de la Loulou, le Graal des petizélos à moins de 1700. 3 d’entre elles avaient franchi le premier obstacle. Mais 2 autres tomberaient au champ d’honneur en terre seichanaise. N’en restait donc qu’une, l’équipe des minots (les frères Charbo, les Mat(t)éo et Lucien), dont la valeur n’attend point le nombre des années. Et cette équipe allait réussir l’exploit remarquable de décrocher à Metz un des deux tickets pour la finale alors qu’elle n’était que 6ème à la moyenne Elo !

Des 627 équipes inscrites à la compétition – je les ai personnellement comptées une par une, faites-moi confiance – il n’en restait que 16, dont 2 du 54, pour disputer la finale à Chamblanc, riante commune bourguignonne de 505 habitants – eux aussi je les ai comptés un à un. Inutile de vous préciser que nous allions, en ce chaud weekend des 24 et 25 juin, considérablement augmenter la population chamblantine.

A propos de chaleur, ce qui est pénible, avec la canicule, c’est que brusquement il y a des gens qui se souviennent qu’ils ont piscine, et parmi eux, certains de nos jeunes héros. Les Mat(e)o et Christophe étaient OK, mais les autres étaient KO, et il manquait, c’était ballot, un quatrième mousquetaire. En plus, les jeunes, c’est bien gentil et c’est souvent très fort en tactique, mais question conduite, quand il faut faire de la route, ils n’y mettent pas beaucoup de bonne volonté, au prétexte futile qu’ils n’ont ni permis ni voiture. C’est alors que Claude dans sa grande sagesse pensa à votre serviteur pour servir de pigeon chauffeur-capitaine-joueur-garde-chiourme. Ma mission : rapporter les maillots du club intacts, sans taches de sauce tomate, et si possible avec les enfants dedans. Et puis accessoirement, un podium : rien que ça.

Bon, je dois dire qu’au départ, l’idée de passer mon weekend dans un internat surchauffé en pleine cambrousse m’enchantait moyennement, mais j’avais tort. En effet, l’accueil des bénévoles du club d’Esbarres fut vraiment très sympa, et on peut les féliciter chaudement pour la restauration et l’hébergement. De plus, la compétition s’est déroulée dans un excellent état d’esprit et une ambiance conviviale.

Sur le papier, ça s’annonçait plutôt coton : nous n’étions que onzièmes à la moyenne Elo.

Premier match contre Bordeaux, l’autre pays du vin, tête de série n°3 et premier exploit : nulle rapide de Mattéo -sans demander au capitaine, grrr !- et défaite de Christophe, mais double victoire de Mateo et de votre serviteur, qui se fit quelques frayeurs en dilapidant en fin de partie son avantage d’une tour (!) acquis dans l’ouverture…

A peine le temps de nous remettre de nos émotions qu’il fallut enchaîner avec un 2ème match tout aussi déséquilibré contre le voisin nancéien qui n’était pas venu faire de la figuration. Tout commença très mal : dans le plus pur style Capitaine Patate, j’avais confondu les horaires des rondes et annoncé à mes coéquipiers que la 2ème commençait à 16H30 au lieu de 16H00… Le temps que Mattéo nous sauve la mise en s’apercevant le premier que les parties avaient repris, nous nous installions en retard… Pire : je me trompai de table, et commençai à jouer mon premier coup contre le mauvais adversaire. Dans un éclair de lucidité, je réalisai mon erreur, appelai l’arbitre et lui expliquai la situation : devant mon air égaré, il fit preuve d’indulgence et passa l’éponge… Etait-ce ma fébrilité qui avait contaminé l’équipe ? Toujours est-il que le match démarrait bien mal et nous n’étions pas à la fête. Christophe, au 1, oubliait la pendule et perdait au temps, semble-t-il avec une pièce de moins. Mais Caïssa était de notre côté : Mattéo gagnait une qualité et ne lâchait plus son avantage. L’autre Matéo, quant à lui, pilonnait le grand roque adverse avec son artillerie lourde et forçait le monarque à se rendre. Comme dans la 1ère ronde, le sort du match reposait sur mes frêles épaules. Dans une finale à peu près égale, mon jeune adversaire tenta de forcer le gain, mais ne vit pas une petite tactique qui me permit d’empocher une pièce et la partie. Belle victoire 3-1 contre une forte équipe nancéienne.

Une victoire qui nous donnait le droit d’affronter les cadors de la compétition, les méridionaux de l’Isle-sur-la-Sorgue, tête de série numéro un. Fort heureusement, c’est à ce moment précis que Christophe décida de sortir de sa léthargie pour faire SA perf – au singulier, hélas… – en battant le meilleur des 64 joueurs alignés cette ronde-là ! Il allait être bientôt imité par MR7, Mattéo Rinaldo, notre goleador. Malheureusement, je me trompais pour ma part dans mes calculs et ratais, sinon un gain net, du moins un avantage certain, avant de me faire proprement tactifier. Matéo s’inclinait sans démériter contre un adversaire plus fort. Un résultat nul 2-2 qui provoquait un regroupement en haut du classement mais nous permettait d’en conserver la tête. Le verre était-il à moitié vide, ou à moitié plein ? Quoi qu’il en soit, nous décidâmes d’aller en boire un, d’autant plus volontiers que l’apéro était offert.

Après un repas gastronomique, nous regagnâmes nos suites royales avec la satisfaction du devoir accompli : les maillots du club n’avaient subi aucun outrage de la sauce accompagnant les lasagnes. Après une loooongue nuit d’une poignée d’heures (le p’tit déj était servi à 7 heures), nous étions à peu près aussi frais qu’un hareng saur pour affronter dès 8 heures l’autre équipe surprise de cette première moitié de compétition : nos hôtes d’Esbarres.

C’est officiel : Christophe n’est décidément pas du matin. A sa décharge, il sortait d’un épuisant championnat d’aviron. Le souci, c’est que depuis, il n’avait pas cessé de ramer… deuxième défaite au temps. Heureusement, nous pouvions compter sur Mateo, toujours aussi solide, et sur l’auteur de ces lignes, plus inspiré que la veille, qui, en grappillant un pion laissé à l’abandon, cloua mortellement un cavalier. Votre serviteur, cependant, manqua s’étrangler lorsqu’il entendit Mattéo refuser a tempo une proposition de nulle qui nous garantissait pourtant le gain du match…Heureusement, notre meilleur buteur échappa à tous les sévices que j’avais pu imaginer pendant que j’observais sa fin de partie en gagnant magistralement sa finale… au temps (mais il était clairement gagnant). Belle victoire 3-1 qui nous plaçait seuls en tête, avec 1 point d’avance sur nos premiers poursuivants, que nous rencontrions justement lors de l’ultime ronde.

J’aurais voulu pouvoir écrire ici que nous avions gagné sans trembler, mais ce serait mentir : nous affrontions en effet la redoutable équipe de Tremblay, tenante du titre, et tête de série numéro 2. L’équation était simple : Tremblay devait gagner, un nulle nous suffisait. Et à propos de nulle, Christophe, au bout de quelques dizaines de minutes m’annonça qu’il avait trouvé un perpet’ : devait-il le prendre ? Oh que oui ! D’autant plus que j’avais une très bonne position… jusqu’à ce que je gaffe un pion, et que les Blancs égalisent. Bien plus tard, le zeitnot me sera fatal, et c’est une tour que je gafferai… Heureusement, Mattéo Houdini, en grande difficulté, profitera d’une erreur de son adversaire pour placer un mat imparable, lui offrant par ailleurs la médaille d’or à son échiquier (Christophe remportant quant à lui la médaille dort, mais c’est une autre histoire). Il restait donc une partie, absolument décisive, celle de Mateo. Le jeune Vandop est clairement gagnant, avec une qualoche et deux pions de plus, si je ne me trompe. Mais il est en zeitnot et porte le poids du match… Et son adversaire a un pion passé qui peut s’avérer dangereux. Très intelligemment, Mateo va faire ce que tous les observateurs, vandopériens du moins, attendaient qu’il fasse : il rend la qualité, prend le fantassin menaçant et transpose dans une finale de fous de couleurs opposées avec un pion de plus. Sa forteresse est imprenable et après quelques coups la nulle est conclue… et nous gagnons la coupe !!!

INCROYABLE ! 11ème sur la grille de départ, et 1er à l’arrivée !!! Bon, je crois qu’il est temps de révéler le secret de notre réussite. Ce n’est pas seulement le talent de mes jeunes coéquipiers, ni leur excellent état d’esprit, ni leur solidarité sans faille, ni leur décontraction, ni les prépas de Claude, aussi piègeuses soient-elles, la clef de ce formidable succès :

c’est la diététique.

 

 

 

Une réponse à Vous reprendrez bien une coupe ?

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